Pendant des mois, le Vélodrome a rêvé d'un seul nom. Rodolphe Saadé, le patron de CMA CGM, ce voisin marseillais aussi puissant que discret, dont chaque apparition ravivait l'espoir d'un capital enfin renforcé. Le fantasme tenait presque du conte phocéen. Sauf que voilà. Selon nos informations, le scénario a basculé. Saadé serait désormais hors-jeu, et Frank McCourt s'orienterait vers une tout autre piste : un montage calqué sur le modèle du FC Barcelone. En voilà une nouvelle qui va faire du bruit dans les travées. Difficile de dire à quel moment, exactement, les lignes ont bougé. Mais le constat est là. L'idée d'une entrée de l'armateur au capital, qui semblait gagner du terrain semaine après semaine, s'est éteinte presque sans bruit. La pilule est dure à avaler pour une partie du peuple olympien, qui voyait déjà dans CMA CGM le partenaire local idéal — solide, ancré, légitime. À la place, McCourt regarderait ailleurs. Vers un schéma d'actionnariat élargi, inspiré du géant catalan, où la propriété ne reposerait plus sur une seule paire d'épaules. L'idée séduit sur le papier. Reste à la concrétiser, ce qui est une autre histoire. Le contexte, lui, n'a rien d'anecdotique. Les bilans de la DNCG pour l'exercice 2024-2025 ont fait l'effet d'une douche froide : près de 105 millions d'euros de résultat net négatif, soit le plus gros déficit de l'ère McCourt. Le verdict est tombé, brutal. Conséquence directe ? Tout l'effectif se retrouve, ou presque, sur le marché. En interne, certains redouteraient même un encadrement de la masse salariale, voire une limitation de recrutement si les comptes ne sont pas rapidement assainis. Autant dire que l'arrivée d'argent frais n'est plus un luxe. C'est une nécessité. Voilà qui éclaire la manœuvre du propriétaire américain. Trouver des investisseurs, sécuriser la trésorerie, rassurer les instances. Le tout avant que la fenêtre estivale ne se referme. Et puis il y a la rue. Ou plutôt, les réseaux. Car si Saadé s'efface, les supporters n'ont pas attendu pour souffler à l'oreille de McCourt le nom d'un autre investisseur richissime, présenté comme le profil rêvé pour redonner de l'air au club. Le feuilleton, on le sent, est loin d'être terminé. Entre une succession d'entraîneur encore floue, un mercato sous tension et des finances dans le rouge, l'OM avance sur une ligne de crête. Une chose paraît acquise : l'été marseillais ne sera pas tranquille. Reste à savoir si le plan « à la Barça » de McCourt tiendra ses promesses, ou s'il rejoindra la longue liste des projets restés à quai. Les dés sont jetés. Marseille attend de voir.